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Archives de Tag: Raphaël Bodin

Rencontres au Grand Théâtre d’Angers

Les auteurs de L’Anjou en toutes lettres, Raphaël Bodin et Bruno Deniel-Laurent, en collaboration avec la Revue des Deux Mondes et les Lyriades de la Langue française, ont organisé le mercredi 12 juin 2013 une journée de « rencontres littéraires et gourmandes » qui a rencontré un franc succès.

Près de 600 personnes se sont déplacées à l’occasion de ces rencontres présidées par Michel Crépu, directeur de la Revue des Deux Mondes. De nombreux partenaires ont rendu possible l’organisation de cet événement, notamment Domaine des Baumard (Rochefort-sur-Loire), Maison Bécam (Angers), Domaine Blanchard (Denée), Fromagerie Bocahut (Angers), Bouvet-Ladubay (Saumur), Domaine du Closel (Savennières), Maison Combier (Saumur), Maison Jouis (Angers), Maison des vins de Bourgueil, Domaine des Petits-Quarts (Faye d’Anjou), Sodexo. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés.

Photographies (tous droits réservés) : Stéphane Bureau du Colombier et Sashi Juganaikloo

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Michel Crépu, directeur de La Revue des Deux Mondes, à la librairie Richer (© SBDC)

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Ouverture des lectures de textes publiés dans La Revue des Deux Mondes par Jacqueline Branger, directrice de la Revue des Lyriades de la Langue française, et la Confrérie des Compagnons Vignerons de Joachim Du Bellay.(© SBDC)

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Jacqueline Branger, directrice de la Revue des Lyriades de la Langue française (© SBDC)

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Lecture d’un texte d’Alain Bosquet par Michel Crépu, directeur de La Revue des Deux Mondes (© SBDC)

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Martine Leroy-Rambaud & Patricia Goyon, lectrices du Chant des Mots, lisent à deux voix un texte de Michel Crépu (© SBDC)

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Présentation par Bruno Deniel-Laurent d’un texte de Philippe Muray (© SBDC)

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Lecture par Marc Béziau d’un texte de Philippe Muray (© SBDC)

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180 personnes se sont déplacées pour les lectures (© SBDC)

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La Revue des Deux Mondes, de 1829 à nos jours (site de la Revue des Deux Mondes) (© SBDC)

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Discours inaugural par Michel Crépu, directeur de La Revue des Deux Mondes, et Jacqueline Branger, directrice de la Revue des Lyriades de la Langue française (© SBDC)

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Les stands littéraires (© SBDC)

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Interprétation par Eric Beauchet, auteur-compositeur-interprète, choriste aux Chœurs de France, d’Aimer à perdre la raison (Aragon & Jean Ferrat) (© SBDC)

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Lecture par Laurent James de L’Angevin (extrait de L’Anjou en toutes lettres) (© SBDC)

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Rillauds d’Anjou de la Maison Jouis et fromages de la Maison Bocahut (© SBDC)

Sashi-Mee - Lectures @ Grand Theatre Angers (24 sur 140)

Fromages de la Maison Bocahut

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Fromages de la Maison Bocahut (© SBDC)

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Fromages de la Maison Bocahut (© SBDC)

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Le Choc’O Roi de la Maison Bécam (© SBDC)

Sashi-Mee - Lectures @ Grand Theatre Angers (7 sur 140)

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La Maison Combier de Saumur, généreux partenaire de l’évènement (© SBDC)

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La Maison des Vins de Bourgueil, représentée par son président, Guillaume Lapaque (© SBDC)

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Justine Paquereau, proposant un Clos du Papillon 2006 (Savennières) du Domaine du Closel (© SBDC)

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Les Compagnons Vignerons de Joachim Du Bellay (au centre : Dominique Brossier, président des Lyriades de la Langue française) (© SBDC)

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Yves Branger, président de l’association Premiers Plans (© SBDC)

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Claude-Éric Poiroux (délégué général du festival Premiers plans d’Angers), Bruno Deniel-Laurent (co-auteur de L’Anjou en toutes lettres) et Michel Crépu (directeur de La Revue des Deux Mondes) (© SBDC)

Sashi-Mee - Lectures @ Grand Theatre Angers (20 sur 140)

Raphaël Bodin, dédicaçant un exemplaire de L’Anjou en toutes lettres

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Déclamation par Claude Wielanek (Compagnons des Terroirs d’Anjou) d’un rimiau d’Emile Joulain (© SBDC)

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Lecture d’un texte de Sébastien Lapaque par son frère Guillaume, président de la Maison des Vins de Bourgueil (© SBDC)

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Lecture par Carlos Da Costa (Le New-Yorkais – Angers) de « Toi l’homme » de Barbara (© SBDC)

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Bruno Deniel-Laurent (co-auteur de L’Anjou en toutes lettres) et le célèbre vigneron angevin Jean-Pascal Godineau (© SBDC)

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Cocktail & dédicace à la librairie Richer

Une centaine de personnes se sont déplacées le 23 mars 2012 au cocktail-dédicace de L’Anjou en toutes lettres organisé par Raphaël Bodin et Bruno Deniel-Laurent au sein de la librairie Richer.

L’évènement était soutenu par la maison Bouvet-Ladubay (Saumur), représentée par Corinne Giessinger, et Interloire (Interprofession des Vins de Loire). Messieurs Luc Bizard, du domaine Château d’Epiré (Savennières), et Jean-Pascal Godineau, du Domaine des Petits Quarts (Faye d’Anjou), ont proposé leurs nectars à la dégustation.

Jean-Pascal Godineau, du Domaine des Petits Quarts (Faye d’Anjou), et les auteurs de L’Anjou en toutes lettres.

A droite : Luc Bizard, du domaine Château d’Epiré (Savennières).

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Signature au Salon du Livre de Paris

Raphaël Bodin et Bruno Deniel-Laurent ont eu la joie le 17 mars 2012 de signer leur livre, L’Anjou en toutes lettres, au Salon du Livre de Paris, autour de quelques verres de Crémant de Loire, d’Anjou rouge, de Bonnezeaux et de Cabernet d’Anjou.

Photos : Stéphane Bureau du Colombier

Laurent Hor, Directeur des Editions Siloë.

Raphaël Bodin, co-auteur de L’Anjou en toutes lettres

Les auteurs, Bruno Deniel-Laurent et Raphaël Bodin, en dédicace de L’Anjou en toutes lettres.

Bruno Deniel-Laurent et l’historien Reynald Sécher.

Sylvie Dubin (au centre), auteur de Selon elles (Siloë)

Sylvain Dongard, gérant de L’Âge d’Homme et Bruno Deniel-Laurent.

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Presse et recensions

L’Anjou en toutes lettres, par Sarah Vajda

Un texte de Sarah Vajda*, publié dans Le Salon Littéraire, juin 2013

De la science des lieux à la science des hommes, petit précis de géographie angevine.

Si, ce qu’à Dieu ne plaise, je devenais un jour Ministre de l’instruction publique, pardon de l’enseignement, je mettrai L’Anjou en toutes lettres, un dictionnaire amoureux, de Messieurs Bruno Deniel-Laurent et Raphaël Bodin au programme des classes de 3e afin que les élèves, sans effort, y découvrent la sensualité de la géographie, sa puissance orgasmique. Outre l’art du géographe-voyageur, érudit, antiquaire selon l’acception du XIXe siècle, les élèves y goûteraient, malgré eux, le plaisir oublié de la rhétorique. Si dictionnaire amoureux mérita jamais son nom ce fut celui-ci. Mille manières de dire je t’aime en langue française, de chanter les armes et les hommes, les femmes et les mets, les vins et les fleuves, les coteaux et les pierres, la terre et les ciels, la mémoire et ses arts. Vertige du paysage, scénographe et dramaturge. L’élève y trouverait cent façons d’arracher au réel l’atroce voile du tourisme de masse et de la géographie consumériste, pseudo-humaine, statistique ou générale. En cet esquisse paysagiste, nul fatum et de hasard pas davantage : un simple jeu de piste sur les traces des pères qui, avant eux, avaient vécu, guerroyé. Loin, très loin, du je t’aime bravache, possessif, surmâle, identitaire, national, un je t’aime virgilien, qui se plaît à la litote et au lyrisme tempéré d’ironie. Du trivial au sublime, la louange va à pas ferme. Dans ce très rare ouvrage, les collégiens de France apprendraient le plaisir du texte, tellement frère de celui de la chère, gouleyant, coruscant, frère encore de ce plaisir qu’on dit charnel, imprévu qui parfois découvre l’âme du monde. À l’école du regard et de la sensation, l’élève sera convié et comme dans Bonne Biche et Beau Minou, conte de Madame de Ségur, adviendrait le prodige rêvé par tous les cancres depuis le commencement du monde :

« – Votre sommeil, ma chère Blondine, dure depuis sept ans. Mon fils Beau-Minon et moi, nous avons voulu vous épargner les ennuis des premières études ; quand vous êtes venue chez moi, vous ne saviez rien, pas même lire. Je vous ai endormie pour sept ans, et nous avons passé ces sept années, vous à apprendre en dormant, Beau-Minon et moi à vous instruire. Je vois dans vos yeux que vous doutez de votre savoir ; venez avec moi dans votre salle d’étude, et assurez-vous par vous-même de tout ce que vous savez. »

Comme Blondine apprit en dormant ses lettres, sa grammaires et ses sciences, notre collégien apprendrait en rêvant le bon usage du passé.

Je ne sais pas de meilleur moyen de lutter activement contre le village-monde que ce pèlerinage aux sources. Le moyen de dire avec plus de grâce l’aventure géologique ?
« Le legs géologique sur lequel s’épanouissent les paysages de l’Anjou nous aura gratifiés de deux cadavres splendides. À l’ouest les vestiges d’une montagne moribonde : c’est l’Anjou noir. À l’est le bassin d’une mer disparu : l’Anjou blanc. »

Toute contrée ici redevient ossuaire. Les os des contrebandiers et des contrebandières du sel, ceux des « brigands » derrière Larochejaquelein se mêlent aux cadavres des montagnes et des mers, inscrivent en lettres de cendres et d’or, un minuscule coin de terre, le résumé du monde

Par le particulier atteindre l’universel.

À chaque lopin de planète, ses clochards mystique, Cabernet d’Anjou ou goût du saké, il est de par le monde d’innombrables « bistrots » où un patron omet de s’enrichir, préférant le partage de la dive bouteille et l’immodérée pratique de l’art de la conversation à l’aigre son du tiroir-caisse. À chaque pays, son unité d’élite, Cadre noir de Saumur ou escadrons de nuit de Tsahal, ses récits publics et secrets, ses souvenirs glorieux et ses hontes. À chaque religion, « ses lieux discrets où le monde résiste à la pression des modes et demeure enchanté », à chaque duché, comté, province, son château et le souvenir mordant de ses luttes, ses destructions, ses reconstructions, fiché en cœur. Bien malin qui saura le nom du propriétaire du domaine.

Enchanté. Le mot est lâché. Cet abécédaire, comme Demy le fit, caméra à l’épaule, ré-enchante l’ordinaire, le quotidien : la maison de la vieille ville, jadis avait été un bordel à l’usage des ecclésiastiques, une autre demeure bourgeoise aujourd’hui, hier vit des maris y fuir leurs bourgeoises… Du cocasse au tragique…Mention spéciale à l’article Maine-et-Loire, à celui « boule de fort » (le nom de la pétanque locale).
Mention encore à l’article « vitraux vendéens », qui dit « la géographie du souvenir, lumineuse et muette. »

A sauts et à gambades, va notre esprit, du concret à l’abstrait, de la géographie à l’histoire et de la vie quotidienne au mémorial des temps. De la lecture de ce livre nous sortons plus savants : déboucher une bouteille se dit en angevin :

« déshabiller une fillette et la boire, la baiser » ;

nous savons des Angevins aimés, Philippe Muray, baptisé en l’an de grâce 1945, en la cathédrale Saint-Maurice du vieil Angers, Patrick Dewaere, éternel gisant d’ « un petit cimetière cerclé de coteaux, caressé par la lumière emmiellée du Layon ».

Nous retrouvons aussi les fameux : David d’Angers ou Joachim du Bellay, et toujours en filigrane, l’incandescent souvenir du « populicide » vendéen, le grand absent de nos livres d’histoire, conté ici sans esprit de revanche, dans la seule visée hégélienne de la réconciliation, qui n’est d’autre que « la profondeur de la pensée. »
Ce beau et riche labeur, nos auteurs l’accomplissent à l’ombre des apocalypses, celle des vitraux de la cathédrale d’Angers, revisitée par l’effort tapissier de Lurçat déposé au Château. En ce livre inspiré, se rejoue l’incessant dialogue de l’église et du château et les Regrets de l’Angevin du Bellay, à l’avance, chantaient l’antienne barrésienne de Claude Gelée, dit le Lorrain, parti vers les lumières romaines retrouver celles de la Chamagne.

L’abécédaire amoureux collecte les images, les sonorités, les mots et les choses pour composer l’exact idéal-type, le plus parfait parangon d’un exercice de psychogéographie applicable à tous les lieux, tous les continents, tous les pays, toutes les provinces, toutes les ville, à chaque quartier, immeuble ou intérieur …. L’arpentage aléatoire d’une province idéelle révèle en filigrane le grand carnage, le grand massacre du paysage, de la sociabilité et de la vie.

De la bonne cité d’Angers, où je fus ce 12 juin 2013, j’emporterai une scène métaphore, la scène centrale du filigrane : sur la place du Grand théâtre, sur le coup de huit heures du soir, avant que nuit ne tombe tout à fait, les « veilleurs » firent leur entrée, bien vite encadrés, cernés, par nos bonnes Compagnies Républicaines de Sécurité, à l’instant où surgirent, braillant, hurlant, sifflets en bouches et tambourins à la main leurs ennemis gauchistes ! Sur ce parvis dénaturé par ces stupides dalles que l’on voit en toutes régions, hideuses, remplacer les pierres locales, écoutant l’infâme bruit des fontaines à jets multiples livrées en série par je ne sais quel consortium à but très lucratif dont le cahier des charges stipule, je le sais, l’enlaidissement systématique des cités, la dénaturation du cadre de vie, se jouait une des nombreuses saynètes du grand théâtre parodique et absurde où toute mémoire, toute inscription s’abolit dans la déraison du jeu spectaculaire.

Cet ouvrage donc à lire et à relire sans modération, à emporter, précieux vade me cum, en tout endroit du globe où il vous plaira d’aller, du ponant jusques à l’orient.

Sarah Vajda

Sarah Vajda, docteur en littérature à l’EHESS, est une romancière et biographe française. Elle est notamment l’auteur de Maurice Barrès (Grandes Biographies, Flammarion, 2000), Jean-Edern Hallier, l’impossible biographie (Flammarion, 2003), Claire Chazal, derrière l’écran, (Pharos, 2006) ou Gary & Co (Infolio éditions, 2008).

Site de Sarah Vajda

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Article de Pierre Cormary, publié dans le numéro 35 du Magazine des Livres (mai 2012).

 

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Article publié dans le numéro 15 (avril 2012) de Maine-et-Loire, Mensuel du Conseil général

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Article de Céline Picard, publié le 29 mars 2012 dans La Tribune d’Angers

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Article de Caroline Dejean, publié le 11 décembre 2011 dans Ouest-France.

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L’Anjou en toutes lettres, un abécédaire amoureux

Voici un « Abécédaire amoureux de l’Anjou » qui ravira ceux qui connaissent bien la province, et sera utile à ceux qui la découvrent. Décalé, parfois hilarant, original et très documenté… un cadeau réjouisssant pour Noël !

« À l’image des superhéros américains qui affectionnent une mise ordinaire et gardent dans l’ombre leurs dons étonnants, l’Angevin, dans bien des cas, ne paye pas de mine. Et pourtant, pour qui sait le regarder de près, point de doute, l’Angevin est un héros, l’étymologie même de son nom, du reste l’atteste » : les deux auteurs de L’Anjou en toutes lettres, amoureux de leur province, nous expliquent que le terme angevin provient des tribus celtes des Andégaves qui signifie, les grands géants ou grand champion, et donc que les Angevins sont « En un mot, les superhéros, pour reprendre un vocable plus au goût du jour. ».
De retour du Cambodge où il venait de réaliser un documentaire sur le génocide de la minorité Cham par les Kmers Rouges, Bruno Deniel-Laurent confiait au directeur de la Revue des Deux Mondes à laquelle il collabore, son envie d’écrire sur l’Anjou. Pourquoi pas un abécédaire ? Avec Raphael Bodin, historien de formation et journaliste, comme lui Angevin, l’aventure littéraire démarre : un chant d’amour à 4 mains pour leur province, sans concession, sans langue de bois, parfois iconoclaste, souvent poétique et très documentée sur le plan historique.
Et de citer le mot de Clémenceau, « C’est en Anjou que la France est la plus France. » On a beaucoup écrit sur l’Anjou, mais sans doute rarement avec une telle liberté de ton, qui fera peut-être grincer quelques dents… Le propos est original et décalé, osant par exemple un hilarant éloge des rillettes « On comprend mieux pourquoi les comtes d’Anjou ont bataillé pour s’assurer la Touraine », fustigeant les décisions administratives qui font de l’Anjou un Maine-et-Loire bien moins poétique, ou donnant un petit coup de plume à celui qui ne comprend rien à la province : « Il est toujours risqué d’inciter les fâcheux et les snobs à arpenter nos paisibles coteaux ».

Les auteurs parlent avec leur cœur, des guerres de Vendée, du chanteur Thierry Robin, des Bazin, du Cabernet d’Anjou, la tombe de Patrick Dewaere à Saint-Lambert du Lattay ou Philippe Muray né à Angers. Ils ont fait leur, la devise du Roi René : « D’ardent désir ». Des prairies des Mauges « peu propices au travail de la vigne, parfaites pour blanchir les toiles de tissus » à des faunes grimaçants, traces d’une ancienne maison close, aux rillauds qu’on « déguste comme le corps d’un être aimé : avec concupiscence et vénération » ou à une visite dans le chai d’un vigneron « ayant inscrit sa vie dans une aussi majestueuse équation de paramètres hasardeux », les auteurs présentent avec bonheur ces racines, auxquelles ils reviennent après leurs nombreux voyages à travers le monde.

Article publié dans l’édition du dimanche 11 décembre 2011 de Ouest-France, page Maine-et-Loire

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Article de Bertrand Guyomar, publié le 11 décembre 2011 dans Le Courrier de l’Ouest.

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Livres : un abécédaire amoureux de l’Anjou

Deux auteurs angevins publient « L’Anjou en toutes lettres ». Soit un dictionnaire amoureux et partisan de notre région.

L’un est journaliste ; l’autre est historien. Bruno Deniel-Laurent et Raphaël Bodin, petite trentaine l’un et l’autre, sont les auteurs de « L’Anjou en toutes lettres », qui paraît pour les fêtes aux éditions Siloë.
L’ouvrage est sous-titré « un abécédaire amoureux », allant de A comme Angevin jusqu’à V comme Vraie croie d’Anjou. « Ce dictionnaire, disent les auteurs en préambule, est une déclaration d’amour, une somme de passions qui nous lient à l’Anjou. »
Une soixantaine d’entrées, chacune faisant deux ou trois pages, tracent ainsi de façon élégante et subjective un portrait souvent humoristique et décalé de l’Anjou. Les grands classiques comme le château d’Angers, le Cadre noir le roi René voisinent avec des sujets plus originaux, comme l’auteur-explorateur angevin Théodore Pavie ou l’illustrateur Etienne Le Rallic, un pionnier méconnu de la bande dessinée.
A défaut d’être inédits, plusieurs sujets sont vus sous un angle vraiment original et neuf. C’est le cas par exemple de la dynastie des Plantagenêt désignée sous le nom d’ « Empire » : « L’empire Plantagenêt est une structure hors norme, sans empereur, dont le comte placé à la tête est même un vassal du roi de France ».

Vins et gastronomie

Le livre fait aussi la part belle à la gastronomie et aux vins d’Anjou. Là encore, le choix s’est fait à travers les clichés et hors des sentiers battus, avec des spécialités locales comme le beurre blanc et les rillauds côtoyant le cabernet et l’Elixir Combier. Autre exemple d’angle très personnel : la sage Cointreau vue par le biais de sa politique de communication, l’onirique Pierrot des débuts ayant laissé la place à la sulfureuse Dita Von Teese pour vanter le mérite des cocktails angevins.
Au chapitre des Angevins célèbres, enfin, les attendus roi René et René Bazin (dont l’importance est selon les auteurs sous-estimée) devancent l’éminent guitariste Titi Robin, seul personnage vivant du dictionnaire. Choix subjectif là encore, pour saluer avant tout le talent et la disponibilité du musicien. On peut saluer au passage le format carré de l’ouvrage, très pratique, et le parti pris d’absence totale de photos et d’iconographie.
Un ouvrage qui devrait susciter « l’ardent désir » (selon la devise su bon roi René) des Angevins de souche ou d’adoption.

Article de Bertrand Guyomar, publié dans l’édition du dimanche 11 décembre du Courrier de l’Ouest.

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La cathédrale johannique d’Angers

Laurent James, Parousia, 22 janvier 2012

Le huit décembre dernier, j’étais invité à Angers pour participer à la soirée de lancement du livre L’Anjou en toutes lettres, un abécédaire amoureux des terres angevines écrit par Bruno Deniel-Laurent et Raphaël Bodin.

Comme je dis souvent, j’invite chaque Gaulois à investir les capacités mythiques de sa propre terre, endosser la défroque du détective métaphysique pour enquêter sur l’histoire spirituelle vivante de son territoire. Ici, les deux comparses de feu Cancer ! ont établi un scrupuleux panégyrique de toutes les particularités civilisationnelles de leur patrie (religion, histoire, géologie, gastronomie, viticulture).

La soirée était très réussie. J’ai rarement vu autant d’assoiffés d’un seul coup (deux ou trois cent !). Il y avait des vignerons de solide stature, des cavaliers de Saumur, des polyglottes coréens, des confréries organiques (celle des Faiseux de Rillauds ou des Buveux de Bernache), des penseurs rabelaisiens, des joueurs de bouzouq, des paludiers gouailleurs, des cuisiniers thaïlandais et des bardes andégaves. J’ai été réquisitionné pour déclamer une demi-douzaine de textes, dont celui sur Béhuard, « un îlot immutable paresseusement caressé par les bras langoureux de la Loire » où se trouve une église dans laquelle « la petite Vierge noire, sculptée au Moyen Age dans un bois de noyer, a quelque chose de chétif, malaisé, exotique, elle semble comme écrasée par la magnificence de son diadème, la rutilance de sa robe cerclée de diamants ».

Cette soirée se tenait dans un salon en bordure d’une petite rue pavée que je n’ai eu aucun mal à trouver. Elle est en effet située dans le prolongement du pont-levis du château d’Angers, au sein duquel j’avais passé l’après-midi pour contempler l’immense tenture de l’Apocalypse.

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La suite du texte de Laurent James : La cathédrale johannique d’Angers.

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 Article de Typhaine David, publié le 30 décembre 2011 dans le Haut Anjou.

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L’Anjou, sa gastronomie, ses habitants, son histoire, autant de sujets passés en revue par Bruno Deniel-Laurent et Raphaël Bodin, les deux auteurs qui viennent de sortir un abécédaire sur l’ancienne province chère au roi René. Le premier a grandi à Château-Gontier auquel il consacre un chapitre.

Il se savoure comme un bon vin, le livre de Bruno Deniel-Laurent. 200 pages où le lecteur se délecte de l’arôme, la couleur et les saveurs parfois cachées de l’Anjou. Nombre de chapitres de cet abécédaire ont en effet trait à la gastronomie. Le beurre blanc, les rillauds, le cointreau, le cabernet, les bonnezeaux… Les deux auteurs n’ont pas boudé leur plaisir au fil de la soixantaine de chapîtres. « Nous avons écrit sans contrainte en choisissant nos entrées très égoistement, mais en toute sincérité », avoue Bruno Deniel-Laurent. Ce livre est une vraie déclaration d’amour à leur Anjou natal. « Après avoir arpenté le monde, nous savons qu’il y a un bonheur particulier d’être angevin : question de lumière, d’atmosphère, de caractère. » Bruno Deniel-Laurent, écrivain, réalisateur, qui vit entre le Cambodge et Angers, a grandi à Château-Gontier. Il consacre un texte à « sa » ville, « et son charme un peu moyennageux, son côté cour des miracles ». Plus insolite, il évoque René Goupil, « premier martyr catholique du Nouveau Monde, né à Saint-Martin-du-Bois ». Bruno Deniel-Laurent plaide aussi pour les cités minières : « Elles méritent qu’on y flâne, qu’on prenne le temps de se frotter à leur patrimoine rugueux. »

Un propos souvent humoristique

Né à Angers, Raphaël Bodin est l’historien des deux. Il a publié des travaux sur le Haut Anjou. On lui doit dans l’ouvrage les chapitres sur Foulques Nerra, l’Empire angevin qui désigne la dynastie des Plantagenêts. Mais aussi un texte sur l’horticulture où l’on apprend que « dès le XVe siècle, le roi René a fait venir des plants de différentes régions du monde afin d’embellir les jardins de ses manoirs d’agrément ». Les deux auteurs ont mis une année à élaborer leur ouvrage. « on a beaucoup revisité de lieux », souligne Bruno Deniel-laurent. Leur portrait de l’Anjou est souvent humoristique et décalé. A côté des incontournables château d’Angers et Cadre noir, ils parlent avec leur cœur des Bazin, René le grand-oncle académicien (que les auteurs considèrent comme sous-estimé) et Hervé son petit neveu, du chanteur Titi Robin, « entrée en Tsiganie comme d’autres en religion ». Cet abécédaire brosse mille et une facettes de l’Anjou. Loin d’être exhaustif, il est un parti pris assumé des auteurs. « D’ardent désir » était la devise du roi René. C’est elle, peut-être, qui a inspiré les deux écrivains.

Article de Typhaine David, publié dans l’édition du vendredi 30 décembre du Haut Anjou.

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Article de Catherine Nedelec, publié le 14 décembre 2011 sur le site Angers Mag Info.

Avec « L’Anjou en toutes lettres », Bruno Deniel-Laurent et Raphaël Bodin ont voulu faire partager leur attachement à leur terre natale, à ses richesses et à ses grands noms, qui en font encore la renommée. Un livre à la fois beau et utile pour bien connaître toutes les facettes de l’Anjou. 

Bruno Deniel-Laurent et Raphaël Bodin ne voulaient pas « contraindre » leur écriture et choisir uniquement les lieux et les gens qu’ils aiment particulièrement pour cet abécédaire amoureux : « nous avons voulu donner notre vision de l’Anjou ». Et pour ceux qui ont tout à découvrir, cet abécédaire est une mine d’informations. Tout ce qui en fait sa beauté y est raconté, l’ardoise, le tuffeau, ses vignobles, ses particularités économiques aussi, telles que l’horticulture ou l’industrie textile, sans oublier un précieux éclairage sur les grands noms qui ont contribué à la renommée notre belle province. 

Un voyage à la rencontre d’un patrimoine parfois discret sur lequel Bruno Deniel-Laurent et Raphaël Bodin prennent le temps de s’arrêter afin d’en révéler tous les contours. Les plus avertis s’étonneront peut être d’y voir la ville de Château-Gontier. La raison n’est pas vaine et les auteurs s’en expliquent ; quatre pages en font l’apologie. 

D’ailleurs, en voulant sortir des sentiers battus, les deux auteurs ont voulu s’adresser aussi aux érudits, leur donnant quantité de précisions, remarques ou anecdotes, s’appuyant sur leur grande connaissance des lieux et de leur histoire. Dans ce livre là, il y a forcément encore quelque chose à apprendre… 

Un ton léger ne gâte rien, bien au contraire. L’Anjou en toutes lettres se lit aisément, comme un gros catalogue où l’on picore au gré des pages. Grands voyageurs Bruno Deniel-Laurent et Raphaël Bodin ont su fixer leur curiosité sur l’une des plus belles provinces de France et en garder les limites qui vont bien au delà du Maine et Loire, lui redonnant une unité historique oubliée.

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Chronique d’Alain Ratour, publiée le 9 décembre 2011 dans Anjou Eco.

 

Ecrit avec un plaisir évident par ses auteurs, riche en information, mais sans ambition érudite : tel est « L’Anjou en toutes lettres, un abécédaire amoureux » de Raphaël Bodin et Bruno Deniel-Laurent.

L’ouvrage vient de paraître aux éditions Siloë (Laval). « Nous avons arpenté le monde et nous savons qu’il y a un bonheur particulier d’être angevin : question de lumière, d’atmosphère, de caractère ». C’est ce bonheur qu’ils ambitionnent de faire partager au fil d’une soixantaine d’entrées et un peu plus de 200 pages. Certains thèmes s’imposent un peu comme le château d’Angers, Du Bellay ou le Cadre Noir. D’autres, moins connus, recèlent leur lot de découvertes, entre histoire, patrimoine, gastronomie et hommes, de René Bazin à Titi Robin. L’Anjou en toutes lettres n’est pas un guide touristique. C’est plutôt « un parc de qualité où les chemins de traverse plus sauvages s’avèrent aussi intéressants à parcourir que les grands axes aménagés ». Composé à quatre mains, d’une écriture « sans contrainte », il est riche de la qualité et la sobriété de sa mise en page et du choix des caractères. « D’ardent désir » : c’était la devise du Roi René. C’est elle, peut-être, qui a inspiré les auteurs de cet abécédaire amoureux.

Chronique d’Alain Ratour, publié en décembre 2011 sur le site internet d’Anjou Eco, magazine de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Maine-et-Loire.

Lire la chronique dans le contexte original sur le site d’Anjou Eco.

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Bruno Deniel- Laurent, invité de l’émission « Pas tous en même temps » sur Radio Campus Angers.

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Les auteurs de L’Anjou en toutes lettres, dans l’émission « L’Invité du soir » sur RCF Anjou.

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Publié par le 24 janvier 2012 dans Ils en parlent

 

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Conférence de presse

Les auteurs de L’Anjou en toutes lettres, Raphaël Bodin et Bruno Deniel-Laurent, et le directeur des éditions Siloë, Laurent Hor, ont rencontré, jeudi 8 décembre 2011, plusieurs journalistes de la presse écrite angevine (Ouest-France, Courrier de l’Ouest, Anjou Eco, Vigneron du Val de Maine, Angers Mag Info, K-Libres, etc.) dans le cadre des Salons Donadieu afin de présenter l’ouvrage, disponible dans les librairies à partir du 12 décembre 2011.

Quelques journalistes présents lors de la conférence de presse : Patrick Touchais (Vigneron du Val de Loire), Bertrand Guyomar (Courrier de l’Ouest), Catherine Nedelec (Angers Mag Info), Alain Ratour (Anjou Eco), Caroline Dejean (Ouest-France)…

(photo : Stéphane Bureau du Colombier)

De gauche à droite : Laurent Hor, directeur des éditions Siloë, Raphaël Bodin, Bruno Deniel-Laurent.

(photo : Stéphane Bureau du Colombier)

François et Monique Catta, de l’Académie des Sciences Belles Lettres et Arts d’Angers.

(photo : Stéphane Bureau du Colombier)

Laurent Hor, directeur des éditions Siloë, Raphaël Bodin

(photo : Stéphane Bureau du Colombier)

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Extraits de « L’Anjou en toutes lettres »

B comme « Bonnezeaux »

« On connait l’arrogance d’un certain Paris pour la Province : savant mélange de commisération, d’exhortation ambigüe, de morgue satisfaite. Quant il s’agit du vin, il semblerait que le Parisien, ne pouvant raisonnablement se gargariser de sa mixture montmartroise, laisse au Bordelais le soin de se croire le maître des élégances. Personne, du Jura à la Bourgogne, de Savennières à Saint-Chinian, ne s’en soucie : on sait bien qu’il ne faut jamais ôter leurs illusions aux paltoquets. Il arrive pourtant des moments où les légendes s’effondrent : en 2004, le concours mondial des vins de Bruxelles sacre le « Bonnezeaux  1996 » de Jean-Pascal Godineau « Meilleur vin moelleux du monde », laissant dans sa haie d’honneur d’altiers Sauternes, de sapides Tokay. Un « petit vin de Loire » au firmament de la reconnaissance ? Impensable pour certains. En Anjou, le palmarès fut accueilli avec nonchalance, et même avec une pointe d’appréhension : c’est qu’il est toujours risqué d’inciter les fâcheux ou les snobs à arpenter nos paisibles coteaux.(…) »

Extrait de « Bonnezeaux », un texte de Bruno Deniel-Laurent, dans L’Anjou en toutes lettres, Siloë, 2011

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B comme « Bretons de Trélazé »

« (…) Le pigrollier, en parler angevin, c’est l’oiseau qui vole le nid d’un autre. Le sobriquet ne s’imposait guère aux p’tits gars des Montagnes noires, transférés d’une misère l’autre, simples variables d’ajustement du patronat. A leurs héritiers, les pigrolliers n’ont pourtant légué ni la misère, ni même le ressentiment, mais la fierté de l’origine. Il faut marcher dans les rues de Trélazé le mercredi soir à l’heure où le Men Glaz affine la cohésion de ses pupitres, et surprendre la puissance déchirante d’un Kantig Santez Anna s’élevant à l’assaut des paysages ardoisiers. L’hymne tient tout à la fois du cantique, de la marche de guerre, de la complainte, il déploie une force farouche aussi bien qu’il creuse une faille. C’est un chant d’ailleurs, mais nos horizons l’acclament. Et comme eux, nous savons que la terre d’Anjou  serait imparfaite si ne s’y glissait pas un peu de la mélancolie bretonne.(…) »

Extrait de « Bretons de Trélazé », un texte de Bruno Deniel-Laurent, dans L’Anjou en toutes lettres, Siloë, 2011

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C comme « Cabernet d’Anjou »

« (…) Nous sommes à Paris, quartier Saint-Germain-des-Prés, et j’apprends que le Cabernet d’Anjou est à la fête. « C’est un vin un peu décalé et en même temps très chic ! » m’assure sans broncher une hôtesse d’accueil toute de rose vêtue. Après une Rosé Party dans le Marais, voici donc l’Art’by Cabernet-d’Anjou et ses dix performers chargés d’improviser des œuvres en live à l’occasion de la press party de l’évènement. « Normalement, des people vont passer ! » m’assure, surexcitée, ma petite hôtesse. Elle n’a pas menti : j’aperçois bientôt Derec et Laurent Ruquier… Le viticulteur qui pose près d’eux en tablier fuchsia semble aux anges. Un dépliant traînant sur une table m’apprend que les Cabernet d’Anjou seraient des vins « nomades et ludiques » ! Misère des events branchés… Être dans le vent : une ambition de feuille morte. (…) »

Extrait de « Cabernet d’Anjou », un texte de Bruno Deniel-Laurent, dans L’Anjou en toutes lettres, Siloë, 2011

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C comme « Cointreau »

« (…) Aujourd’hui, la maison Cointreau a choisi une ambassadrice plus percutante que l’onirique Pierrot, remisé au placard dès les années cinquante. Ce n’est plus le pâlot Pierrot qui vous conseille un dernier petit coup pour la route, mais la pulpeuse Dita Von Teese, éminente strip-teaseuse et actrice pornographique, qui engloutit des cocktails en vous adressant un provocateur regard lascif. Ancienne épouse de Marylin Manson, drôlatique et maigrelet chanteur vaguement sataniste, Dita surfe sur la vague du porno chic, façon burlesque et chic européen, très à la mode outre atlantique. Et cela tombe bien puisque près de la moitié des ventes se font aux USA.  (…) »

Extrait de « Cointreau », un texte de Raphaël Bodin, dans L’Anjou en toutes lettres, Siloë, 2011

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C comme « Curnonsky »

« (…) Un jour qu’il hésite entre absinthe et cocktail, Guinoiseau décide que ce sera là son nom de plume, Abscoc. Cette même marque d’élégance ironique se retrouve chez Maurice Sailland. Ce dernier, on le sait, choisit son pseudonyme sous les auspices d’Alphonse Allais qui lui conseillait une consonance en sky, le russe étant à la mode en cette fin de XIXe siècle. Pourquoi pas sky ? En latin cur non sky ? Choisir le nom de plume, qui va vous identifier au monde durant toute votre existence, sur un jeu de mots concocté avec Alphonse Allais, en référence à une mode passagère, le tout saumoné de latin, n’est-ce pas là faire montre d’une désinvolture tranquille et magnifique ? (…) »

Extrait de « Curnonsky », un texte de Raphaël Bodin, dans L’Anjou en toutes lettres, Siloë, 2011

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C comme « Cinéma en Anjou »

« (…) Les meilleures surprises viennent parfois du court-métrage  : L’Eclat, de Rodolphe Viémont, conte l’édifiante relation naissant entre un précieux crucifix et un restaurateur d’art chargé de lui redonner sa splendeur perdue. Né à Angers, et attaché à sa région, le réalisateur nous fait don d’un moment de grâce inouïe lorsque Le Trait d’Union, le bac assurant la traversée de la Mayenne à Pruillé, apparait telle une nef de lumière dans la nuit profonde ; une figure angélique et spectrale en descend, console le héros et le conduit vers l’autre rive, symbole puissant s’il en est puisque le film décrit la conversion d’un homme, son passage de l’ignorance à la verticalité. La scène finale, filmée dans la prieurale Notre-Dame-de-Cunault, s’appuie sur d’élégants travellings qui rendent hommage à la majesté de son déambulatoire, à l’ampleur de ses lumineux volumes. (…) »

Extrait de « Cinéma en Anjou », un texte de Bruno Deniel-Laurent, dans L’Anjou en toutes lettres, Siloë, 2011

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E comme « Empire angevin »

« (…) Longtemps le caractère remarquable de l’Empire angevin a été méconnu et même déconsidéré, en effet nombre d’historiens donnaient un sens à l’Histoire. Michelet par exemple raconte l’Histoire de la France et de sa formation ; et sachant qu’il aboutira son récit par l’Etat-nation républicain, il tend, à l’instar de nombre d’autres historiens « patriotes », à critiquer tout ce qui a empêché ou retardé à un titre ou à un autre l’avènement d’une France unifiée sous une forte autorité centralisée. Dans cette optique, l’Empire angevin constituait un frein et une menace empêchant la France d’accomplir son supposé destin. Il s’est donc montré très critique à l’égard des comtes d’Anjou et de leur « empire anglais », étonnant choix de termes pour qualifier des princes francs, parlant angevin, possédant la moitié de la France et plus de terres françaises que le Roi de France lui-même. De l’autre coté de la Manche, on trouve chez certains auteurs un mépris similaire pour ces Plantagenêt qui ne parlaient pas anglais, bâtissaient des cathédrales en France, et en un mot perdaient leur temps sur le continent au lieu de le consacrer à la splendide île britannique. (…) »

Extrait de « Empire angevin », un texte de Raphaël Bodin, dans L’Anjou en toutes lettres, Siloë, 2011

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E comme « Elixir Combier »

« (…) On ne peut que s’insurger contre la sinistre mode des mignonnettes, ces ridicules micro-flacons qui ne parviendraient pas même à étancher la soif d’un nourrisson nouveau-né. Comptez qu’il en faut bien trois ou quatre pour constituer un verre normal, et que donc vous allez jeter ces trois ou quatre flacons par verre servi, au lieu d’une bouteille pour quatre ou cinq verres. Un salutaire réflexe écologique nous fera donc fuir ces jouets à la misérable contenance. Et puis quoi ! Des mignonettes aux pays de Gargantua et Grandgousier, c’est provoquer les mânes de nos ancêtres et risquer la nocturne visite des fantômes de Rabelais et Curnonsky. (…) »

Extrait de « Elixir Combier », un texte de Raphaël Bodin, dans L’Anjou en toutes lettres, Siloë, 2011

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M comme « Maine-et-Loire »

« (…) Au nom de la nature contre l’Histoire humaine, d’une naturalité rationalisée et rectifiée au cordeau, on va donner à ces départements le nom de la particularité géographique qui est la mieux censée les caractériser. Le plus souvent, on affublera les vénérables pays du nom des fleuves et rivières qui les traversent. Exit donc l’Anjou, bonjour Maine-et-Loire, un Maine-et-Loire constitué de communes angevines mais ne recouvrant qu’à peu près les deux tiers de l’Anjou. En revanche, la France, nationalisme oblige, échappera au mouvement, et ne sera pas rebaptisée Seine-et-Rhône ou encore Prés-et-Forêts. Le même système de « rationalisation » et de négation de l’histoire sera en revanche appliqué aux contrées que le régime révolutionnaire, après avoir déclaré la paix au monde, soumettra militairement ; ainsi la République française s’adjoindra-t-elle une trentaine de départements : Bouches de l’Escaut, Forêts, ou encore Jemmapes (pour commémorer avec tact la conquête du pays), etc. Ces ingrats ne méritaient sans doute pas que nos armées leur apportassent les lumières révolutionnaires, puisque sitôt nos troupes chassées de chez eux, ils ont jeté aux orties les belles désignations que la République leur avait attribué, pour replonger dans leurs errements passés et reprendre leurs anciens noms (de Hainaut, Zélande ou encore Luxembourg). Nous en revanche, nous avons persisté, nous sommes maineetloiriens et nous le restons, et depuis peu, la générosité de nos technocrates est telle que nous sommes aussi paysdeloiriens. Deux identités – ô combien fortes – pour le prix d’une.  (…) »

Extrait de « Maine-et-Loire », un texte de Raphaël Bodin, dans L’Anjou en toutes lettres, Siloë, 2011

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R comme « Robin (Titi) »

« (…) Une moustache de patriarche, d’éclatantes chemises aux cols acérés, une tignasse puissamment gominée : il y a du Jésus chez Titi Robin. Entendons-nous bien, je ne parle pas du Christ des Evangiles, plutôt celui du film Les Démons de Jésus de Bernie Bonvoisin ; ce Jésus-là est un drôle de rocker manouche, aimant le frisson et les filles de Gadjé. Sauf que Thierry Robin n’est pas né chez les Voyageurs. Gadjo d’Angers, il est entré en Tsiganie comme d’autres en religion. S’il a gardé son patronyme fleurant bon la Vendée angevine, Thierry est devenu « Titi », le guitariste virtuose. (…) »

Extrait de « Robin (Titi) », un texte de Bruno Deniel-Laurent, dans L’Anjou en toutes lettres, Siloë, 2011

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R comme « Rillettes »

« (…) Les rillettes constituent un mets équilibré, riche à la fois en viande et en graisse, d’une harmonie si subtile qu’elle n’apparait pas à tous de prime abord. C’est un mets sain qui garantit à votre corps une température agréable lorsqu’il fait froid. Rien ne vaut, à la première gelée, une bonne livre de rillettes au fond de la chaudière de l’estomac pour assurer au travailleur, outre le plaisir de la dégustation, confort de la digestion et durabilité dans l’effort. A l’homme elles confèrent, dit-on, vigueur, assurance et bonhomie, à la femme elles transmettent, paraît-il, une belle peau rosée ainsi qu’une générosité qui va se nicher jusque dans ses formes.  (…) »

Extrait de « Rillettes », un texte de Raphaël Bodin, dans L’Anjou en toutes lettres, Siloë, 2011

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Publié par le 17 septembre 2011 dans Extraits du livre

 

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Publié par le 15 septembre 2011 dans Contacts

 

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